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Éco-anxiété : comment survivre ?

Certains médecins la décrivent déjà comme le mal du siècle. L’éco-anxiété est entrée dans notre vocabulaire à la même période que les termes contemporains de mégafeux, catastrophisme ou encore écodépression. Comme si pour l’intégrer pleinement, il nous fallait absolument nommer les conséquences de cette nouvelle réalité climatique.

Incendies hors normes à répétition, sécheresse, pluies extrêmes, cyclones, inondations d’ampleur inédite, première famine climatique du monde, déforestation, pollution de l’air... L’état des lieux peut à lui seul donner le tournis et nous flanquer l’envie d’hiberner durant les 65 prochaines années. Et c’est précisément ce qui se passe. D’après une étude, cette détresse psychique aussi appelée solastalgie, causée directement par le réchauffement climatique, toucherait 72% des jeunes âgés de 18 à 24 ans.

Lorsque l’urgence d’agir se transforme en asphyxie collective, elle bouleverse littéralement l’existence des individus, leurs habitudes de consommation et leurs émotions.

Colère, impuissance, frustration, incapacité à se projeter, les réactions sont à la hauteur du constat environnemental

2050, ce n’est finalement pas très loin pour la jeune génération dont le cadre de vie connaît un vrai chamboulement et pour qui l’avenir a les deux pieds collés au sol d’une planète en danger. Reluisant.

Selon le Docteur Alice Desbiolles, autrice du livre L’éco-anxiété - Vivre sereinement dans un monde abîmé, paru aux éditions Fayard, ce "burn out green" n’est autre qu’un "éveil aux désordres du monde associé à une peur anticipatoire par rapport à l’avenir." L’étudiante suédoise Greta Thunberg en est un exemple éloquent puisqu’à l’âge de 11 ans, elle confiait être tombée en dépression et racontait de quelle manière son activisme l’avait aidée à sortir de cet état dépressif.

Face à la dépression verte, et pour lutter contre l’hyperculpabilité, des solutions en quatre temps sont proposées : accepter ses émotions pour les dépasser, se déconnecter, se reconnecter à la beauté du monde - pour lutter contre la peur de l’effondrement écologique, la biophilie, soit l’amour inné pour le vivant, apparait comme une solution - puis s’engager.

En d’autres termes, la santé planétaire et la santé humaine sont plus que jamais liées.

Récemment, Camille Étienne, la militante écologiste française s'est rendue en Islande en voilier pour interroger les glaciologues sur l'état du climat et de notre planète.

 

Pendant qu’on attend la neige dans le Colorado pour tenter d’arrêter la propagation d’un feu de forêt, les 18-24 ans ne se contentent plus d’une prière envoyée au ciel en guise de dénouement ; ils demandent fermement et à l’échelle internationale des décisions systémiques et tangibles. À l’état de sidération s’en suivent donc une prise de conscience collective, une envie de faire bouger les choses et d’oeuvrer pour un monde plus juste. Face à ces catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes qui ont désormais des noms de super-héros, les jeunes s’engagent, à l’image de Camille Etienne, la désormais célèbre militante écologiste française. Dans les pages du magazine La Relève et La Peste, l’activiste de 23 ans déclare : "Nous sommes la première génération à vivre les conséquences dur dérèglement climatique, et la dernière à pouvoir y faire quelque chose."

Cette phrase, à l’intensité d’une punchline de campagne électorale, comporte à elle seule toute la lucidité partagée par des millions de jeunes, la pression qui pèse sur leurs épaules et la volonté d’engagement collectif.

Au bas de page de la prescription, le militantisme et l’action collective comme seuls remèdes

Selon un sondage Ifop réalisé en 2018, 85 % des Français s’inquiéteraient du dérèglement climatique ; des chiffres en constante hausse. Comment retrouver la voie de la sérénité, préserver sa santé mentale et reprendre confiance en l'avenir ? Certains psychologues proposent de re-conjuguer sa vie au présent, ne pas s’hyperresponsabiliser et apprendre à lâcher prise. Et au bas de la prescription ? Le militantisme et l’action collective.

Depuis quelques années, on voit s’organiser toute une génération autour d’objectifs sociaux et écologiques communs qui se mobilise pour une écologie populaire façonnée par et pour les citoyens. ”On ne veut pas d’une écologie des puissants, d’une écologie descendante, celle des petits gestes individuels qui culpabilisent les individus quand les multinationales continuent de polluer,” explique Léa Geindreau, victime d’angoisse écologique, aujourd’hui militante pour la justice climatique et sociale. "C’est cette éco-anxiété qui fait qui je suis aujourd’hui : une activiste climat." En tant qu’ancienne employée d’une multinationale reconvertie en coordinatrice de la communication chez Alternatiba, Léa souligne son ambition de transformer sa colère en véritable carburant. "Grâce à ce levier puissant, on remporte des victoires. Je peux revenir sur le fait que, en partie grâce à une action de désobéissance civile, un projet d’extension d’aéroport a été abandonné. Je peux également vous dire que, grâce à des mobilisations constantes et des interpellations publiques, l’une des plus grosses banques françaises a arrêté ses investissements dans les énergies fossiles. L’activisme, c’est très sérieux." 

Comme des milliers de jeunes, Camille Étienne et Léa Geindreau ont décidé de travailler et d’agir, de faire de l’opposition et de la proposition alternative leur quotidien, de participer à des actions non-violentes "avec joie et détermination", de croire en la puissance du collectif et au pouvoir du passage à l’action. "Ensemble, on se mobilise, on s’oppose et on construit l’avenir."

Beaucoup d’entre eux se retrouveront lors de la grande mobilisation prévue pour la grève pour le climat le 18 mars 2022, avec plus de 600 000 personnes annoncées, ou encore à l’occasion de la mobilisation nationale prévue le 9 avril pour demander justice climatique avec plus de 900 000 personnes prévues.

Tracter, coller des affiches, communiquer, échanger, manifester dans la rue, participer à des opérations coup de poing, aller à la rencontre des gens et des institutions, organiser des concertations avec des élus locaux afin de construire un monde qui leur ressemble où justice écologique et justice sociale se font écho, voilà ce qui ponctuent aujourd’hui les semaines de milliers de jeunes militants qui tentent, au travers d’événements engagés, de se reconstruire de manière individuelle, avec les autres générations, avec la société et avant tout, avec le vivant.

 

Sources :

  • L’éco-anxiété - Vivre sereinement dans un monde abîmé, Dr Alice Desbiolles, Éd. Fayard.
  • Comment rester écolo sans finir dépressif, Laure Noualhat, Tana Éditions.
  • Tedx : L'éco-anxiété, ce formidable tremplin vers l'action collective | Léa Geindreau | TEDxGeneva
  • Podcast : L’éco-anxiété, nouveau mal du siècle, Sous les radars, France Culture

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