Prenez le pouvoir

Aucune entreprise ne continue de produire quelque chose dont personne ne veut.

Et quand ma grand mère et ses amies ont arrêté d'acheter des baguettes de campagne car elles étaient trop cuites, le boulanger a vite revu le temps de cuisson de son pain. 

Hopaal transparence prendre le pouvoir

Nous voulons tous le changement, mais à quel point le souhaitons-nous vraiment ? S'indigner fait réfléchir, passer à l'action fait changer les comportements. Les discours évoluent et les comportements changent, chaque pas compte tant qu’il est dans la bonne direction. En tant que personnes, citoyens, consommateurs, acteurs, entreprises, associations, collectivités - notre pouvoir réside dans nos décisions et nos actions. Dire Oui ou Non nous permet d'obtenir ce que nous voulons.

Alors, sommes-nous prêts à reconnaître que notre manière de consommer et nos habitudes d'achat sont à l'origine d'un grand nombre des problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui, qu'ils soient environnementaux, politiques ou sociaux ? Sommes-nous prêts à renoncer à des choses qui ont été ‘cool’ jusqu’à présent ? Sommes-nous aussi capable de redéfinir ce qui est ‘cool’ dans le contexte actuel ? Avons-nous la force de changer notre perception de ce qui est souhaitable ? Pouvons-nous revoir nos priorités et nous concentrer sur ce qui n’est pas destructeur ? Quand le ‘cool’ prend le dessus et nous mène à des aberrations, il est temps de reprendre le contrôle. 

Le pouvoir du collectif est bien plus grand qu’on ne l’imagine, alors sollicitons-le
La biodiversité est en déclin : nous pouvons la préserver.
Les inégalités ne cessent d’augmenter : nous pouvons les enrayer.
Le plastique à usage unique est un fléau : nous pouvons nous en passer.
Le temps du constat est révolu : chaque problème a sa solution et c’est nous, consommateurs, qui pouvons faire la différence. 

Ce qui nous interroge, nous interpelle et nous indigne est justifié alors exigez plus de transparence. Vous ne savez pas d'où vient votre produit : demandez-le. Vous souhaitez comprendre le prix : faites-le savoir. Vous êtes déçu : faites un retour. Ça vaut aussi bien évidemment pour les retours positifs, si vous êtes satisfaits : dites-le. Tous les avis comptent.

Le fait est que nous sommes en train de construire l’histoire avec un grand H et la manière dont nous nous comportons aujourd’hui en tant que consommateurs est un véritable témoignage historique des valeurs de notre époque. Nous parlons de justice sociale, de stress hydrique et de catastrophes environnementales mais nous continuons de faire la queue pour des produits fabriqués à l’autre bout du monde par des gens traités injustement. Si la baguette de campagne n'est pas bien cuite, il s'agit d'un petit détail à ajuster : libre au boulanger de s'adapter. La cuisson est l'ultime détail mais en amont ma grand-mère est bien au courant que tous les matins le boulanger regroupe les meilleurs ingrédients pour faire son pain. Rien ne doit être laissé au hasard. 

Quelles sont nos priorités et sur quoi voulons-nous concentrer nos efforts : les bénéfices à court termes ou le long terme ? La rentabilité à outrance ou la préservation de l’environnement ?

Nous sommes tous responsables et avons tous un rôle à jouer, y compris en tant qu'individus ici chez Hopaal. Pour certains d'entre nous, la question de savoir d'où viennent nos vêtements et ce qui se cache derrière est très récente. Ce n’est pas grave, nous avons tous nos combats et il n’est jamais trop tard : le but est d’avoir conscience de l'importance de ce que nous achetons. Chacun de nos achats est un vote et il va directement dans les poches des entreprises concernées, pour le meilleur et pour le pire. Le pouvoir des consommateurs est grand et si nous considérons nos achats comme des votes, il va de soi que lorsque la majorité des consommateurs rejettent ou exigent quelque chose, les entreprises répondent.

Coluche résumait le pouvoir des consommateurs de la manière suivante : “Quand on pense qu'il suffirait que les gens n'achètent plus pour que ça ne se vende pas”.

Nos décisions individuelles de consommation pèsent lourd et en tant que consommateurs nous avons notre mot à dire sur la manière dont les choses se font et doivent se faire. Aucune entreprise ne continue de produire quelque chose dont personne ne veut. Et si suffisamment de gens votent avec leur argent, les entreprises finiront par passer à la vitesse supérieure pour satisfaire la demande et leurs exigences sociales et environnementales.

Cela nous amène à un sujet sur lequel nous avons pas mal planché : l’industrie de la mode. Dans ce milieu où des milliards sont dépensés pour créer des belles images, des belles photos et de beaux défilés, nous sommes inondés d’informations qui nous dictent subtilement ce qui est cool et désirable. La question à se poser est : quand nous achetons, où va notre argent ? Si nous remontons la piste de l’argent, où nous mène-t-elle ? Est-ce que la piste mène à des travailleurs qui sont heureux, en bonne santé et qui peuvent subvenir à leurs besoins ? Plus généralement : est-ce que les entreprises à qui nous confions notre argent en achetant leurs produits s’impliquent pour servir nos intérêts ? Si la réponse est non :

Pourquoi donner notre argent à une entreprise qui va à l’encontre de nos intérêts ?

C’est du bon sens et pourtant nous avons vite fait de l’oublier. Alors, sommes-nous prêts à redéfinir ce qui est cool ? Sommes-nous prêts à faire face à la réaction sociale et à prendre le risque de ne pas s'intégrer ? Évidemment pour nous la réponse est Oui. Forcément, il y a des conséquences et cela rend les choses plus complexes. Nos produits sont plus chers et, pour être tout à fait honnête, notre entreprise est moins rentable. Nous ne nous plaignons pas, c'est un choix que nous avons fait.

En prenant en compte le bien-être des autres dans le cadre de l'économie de Hopaal, nous acceptons de combiner des choix éthiques à une marge de profit plus faible et nous voyons ça comme un énorme succès. Nous comprenons aussi que nous ne sommes pas pour tout le monde, mais nous y travaillons. Nous ne vous demandons pas non plus votre argent. Par contre nous espérons que, où que vous dépensiez votre argent, vous le ferez avec détermination et prévenance.

Il est bon de se rappeler que c’est la demande qui forge l’offre : notre pouvoir de consommateur est grand, utilisons-le pour changer la donne. 

Chez Hopaal nous n’avons pas toutes les solutions mais à force de rencontrer des fabricants, de discuter avec des marques, de partager avec des personnes inspirantes, nous commençons à avoir quelques billes qu’on trouve bon de partager avec vous.

Dans le contexte actuel, il faut bien comprendre que chez Hopaal nous estimons ne pas avoir de concurrents.

Nous n’avons pas de temps à accorder à ce genre de problème, nous avons suffisamment à faire du côté des solutions. Les grandes enseignes qui dévalorisent nos messages et nos décisions ne méritent pas notre attention ni la vôtre. Par contre, nous saurons féliciter et saluer toutes leurs décisions qui iront dans l’intérêt de la planète car nous sommes tous dans le même bateau.

Chaque marque est unique, a ses valeurs et avance à sa manière sur le chemin qu’elle juge le plus pertinent pour réaliser sa vision. Nous avons rencontré de nombreuses marques qui partagent notre objectif : laisser la planète en meilleur état que nous l'avons trouvée. Il n’y a pas de recette magique ni de vêtement parfait, mais voici quelques marques que nous sommes fiers de côtoyer et avec qui nous apprécions échanger voire même collaborer :

Patagonia, incontournable modèle d’inspiration.
1083, spécialiste du jean français.
Loom, porte-parole de la qualité.
Veja, précurseur sur la transparence.
Le Slip Français, étendard du made in France.
Picture Organic Clothing, expert des vêtements outdoor...et toutes les autres : Oth, Hemen, Mud Jeans, Saola etc. Il y en a bien d’autres en France et en Europe. Certains sites les référencent, les certifient et d’autres les distribuent : WedressFair, Origine France Garantie, Sloweare, TheGoodGoods. Nous sommes bien entourés.

Au-delà de la mode, d’autres acteurs se positionnent sur des secteurs qui méritent tout autant notre attention : Back Market, champion du reconditionné pour les téléphones ; Repack, l’emballage finlandais réutilisable ; TooGoodToGo, le sauveur des invendus ; I-boycott, plateforme de campagnes de boycott ; CleanFox qui désimpacte votre boîte mail ; Ecosia et Lilo, qui financent des actions de reforestation grâce à vos recherches web ; Yuka, qui scanne de manière lisible votre alimentation... Les bonnes idées ne manquent pas

Sans oublier bien sûr toutes les personnes et les associations qui sont sur le terrain : 1% pour la Planète, Coral Guardian, Mountain Wilderness, Sea Shepherd, Surfrider Foundation, Bloom, la Ligue de Protection des Oiseaux, Greenpeace, Peta, France Nature Environnement... Les personnes impliquées ne manquent pas

Le pouvoir du collectif est aussi entre les mains des médias, des influenceurs et des personnalités.

Les médias, influenceurs et personnalités accordent du temps et de leur confiance à des projets, des associations ou des marques qui s’engagent et ils savent attirer l’attention là où elle est nécessaire. Notre attention et notre temps sont précieux et nous saluons les personnalités capables de solliciter notre réflexion pour des projets qui méritent que nous leur consacrons du temps. Tout le monde ne peut se payer des spots publicitaires à la télé, des affiches de 4 mètres par 3 dans le métro, donc quand des personnalités prennent la parole pour des projets qui font sens, nous trouvons ça louable et respectable. Si la TV offre ses spots publicitaires au plus offrant, la responsabilité et l’indépendance des influenceurs est primordiale. À quelle cause vont-ils et vont-elles apporter de la visibilité ? Le message est-il intact et respecté ?

Les réseaux sociaux sont puissants et les prises de parole sont nombreuses : que ce soit Léa Camilleri, Guillaume Meurice, Hugo Clément, Marion Cotillard, Rémi Camus, Cyril Dion, Guillaume Canet, Pierre Niney et tous les autres, bravo à eux. Les médias s'organisent et se spécialisent : Vincent avec Partager c'est sympaBrut et toutes ses déclinaisons, Julien avec Ça commence par Moi, Roxane avec Dearlobbies : chacun a son combat et met en lumière des thèmes dont il faut parler. Cette liste non-exhaustive est quasiment infinie et c’est une bonne chose, nous devons pouvoir compter sur ces personnes-là pour parler des causes qui importent.

Dans un monde qui évolue, le pouvoir du consommateur est un excellent début mais la responsabilité est partagée et chacun doit faire sa part : vous, nous, les marques, les personnalités, les médias etc.

Si nous ne faisons pas partie de la solution, nous faisons partie du problème.

Il est certain qu’à date Hopaal n’a pas d’impact planétaire. En revanche, lorsqu'un vêtement passe sur notre table de conception, nous savons que c’est un vêtement qui ne détraquera pas la planète car nous ne faisons pas d'économies sur la responsabilité environnementale et sociale de nos vêtements. En mettant bout à bout toutes les initiatives citées plus haut nous avons toutes les clés en mains pour changer la donne et donner au futur le visage que nous souhaitons.


Clément Maulavé, co-fondateur de Hopaal 
Surf Hopaal Biarritz

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