Exigeons la transparence

Fabricants, marques, consommateurs : il est crucial de savoir qui, quand, pourquoi, où et comment sont fabriqués les produits que nous achetons. Répondre à ces questions permet de connaître les démarches que nous soutenons, les personnes que nous encourageons et les causes que nous protégeons.

Transparence Hopaal

Règle #1 : savoir où va notre argent quand nous achetons un produit.

Si réaliser un t-shirt pour 5€ peut sembler être une aubaine, attendez de découvrir le travail qu’il y a derrière. Les vêtements sont des pièces complexes à réaliser et pour confectionner nos vêtements recyclés il faut collecter les matières, les trier, les nettoyer, les recycler et tout recommencer : faire un fil, le tricoter, le laver, le découper puis l’assembler. Sans parler des étiquettes, des boutons, des broderies, des fils, des sérigraphies etc. À chaque étape ce sont des personnes qui font leur métier et nous les rémunérons correctement car nous travaillons avec des partenaires français ou européens.

Dans ce cadre, les personnes qui interviennent sur les vêtements Hopaal sont protégées, peuvent partir en vacances et bénéficient d’une retraite ce qui n’est malheureusement pas vrai partout dans le monde. Nous comprenons que le prix de nos vêtements peut sembler élevé au premier abord mais il reflète tout le travail et les efforts qui sont menés pour arriver à ce résultat : un beau vêtement qui ne détraque pas la planète.

Si nous utilisions des matières conventionnelles : oui ce serait moins cher. Si nous produisions à l’autre bout du monde : oui ce serait moins cher. Mais ça défierait toute logique environnementale, alors non merci.

Le budget que nous allouons aux vêtements est directement lié à la quantité. "Moins mais mieux" est un adage qui fonctionne pour la nourriture et également pour les vêtements. Nous rencontrons de plus en plus de personnes qui adoptent une garde robe minimaliste et fonctionnelle. En France nous ne portons que 30% de nos vêtements  - car nous avons tous nos vêtements préférés - donc si nous concentrons notre budget sur ces 30% de vêtements que nous portons régulièrement et non pas sur les 70% qui restent au fond de notre armoire : nous pouvons donner notre argent aux bonnes entreprises. En savoir plus sur le pouvoir du consommateur.

La transparence sert à mieux comprendre le prix. La transparence sert à mieux comprendre notre impact. Pourquoi ce meuble Ikéa coûte 89€ quand celui du menuisier coûte 489€ ? Sûrement car le premier est réalisé de manière industrielle et que le second est réalisé dans un bois local rare et résistant. Le prix représente ainsi la valeur des produits, leur parcours et leur impact. Pour certaines personnes, la valeur d’un produit réside dans les détails, dans les matières, dans l’originalité, dans l’image que le produit renvoie, dans le savoir-faire... Nous avons toujours une bonne raison d’acheter un produit. L’idéal n’est pas d’avoir une bonne raison, mais trois bonnes raisons.

Chez Hopaal, nous estimons que la valeur d’un produit ou d’un vêtement passe par les 3 critères suivants : le critère d’usage, le critère social et le critère environnemental. La créativité et l’esthétique sont bien évidemment au coeur du processus de création d’un produit mais nous n’en parlerons pas car ces critères sont trop subjectifs.

Hopaal Transparence SurfLa transparence est une affaire de connaissances. Les marques doivent être transparentes pour que les clients aient une excellente connaissance du produit qu'ils achètent.

Règle #2 : s’assurer que nos achats répondent à un besoin réel et durable.

Savoir où va notre argent nous permet d’apprécier tous les maillons d’une chaîne d’approvisionnement et de cerner le besoin auquel notre achat va répondre. À nos yeux, le critère d’usage est le plus important. Ai-je vraiment besoin de ce produit ? Ce produit est-il réellement utile ? Combien de fois vais-je porter ce vêtement dans les prochaines années ? D’un point de vue usage, l’achat sur un coup de tête d’une robe fantaisie qui sera portée 1 à 3 fois uniquement est totalement absurde et superflu.

Il semblerait que les pièces aux styles minimalistes ait la durée de vie la plus longue car elles sont détachées des phénomènes éphémères de la mode. La durée de vie et d’usage d’un produit impacte directement son prix et son impact environnemental : vaut-il mieux que j’achète une veste de qualité à 200€ que je garde 5 ans ou 5 vestes à 50€ que je garde 1 an chacune ? Privilégier la qualité à la quantité permet de bien choisir et de prendre le temps d’identifier le produit qui répond le mieux à notre besoin.

La qualité est une caractéristique majeure dans le critère d’usage. Si le produit n’est plus d’usage au bout de 2 ans, jamais je ne pourrai le garder 5 ans. Il faut que la qualité livrée par la marque corresponde à celle espérée par le client. Afin de pousser la démarche d’usage au plus loin nous pouvons proposer des produits dont les pièces sont réparables, des produits polyvalents qui remplissent plusieurs usages, des produits qui s’usent de manière homogène et surtout qui peuvent être recyclés en produit d’égale valeur.

Le produit le plus responsable est celui qui ne doit pas être remplacé.

Avant un achat, il est bon de se poser 5 questions. Marie Duboin Lefèvre et Herveline Verdeken illustrent ces question par ce qu’elles appellent la méthode B-I-S-O-U,
B : Ai-je réellement besoin de ce produit ?
I : En ai-je besoin immédiatement ?
S : Ai-je déjà un produit semblable ou similaire à à ce produit chez moi ?
O : Quelle est l’origine de ce produit ?
U : Ce produit est-il utile ?

Se poser ces questions permet d’éviter les achats compulsifs. Julien Vidal de ‘Ça commence par moi’ explique dans cette vidéo que les grands industriels n’hésitent pas à nous pousser à la consommation et à réduire au maximum la durée de vie des produits. “Réparer nos produits et réduire notre consommation nous permet de redevenir acteur de notre consommation et de leur couper l’herbe sous le pied. Changer son monde c’est changer le monde”. Julien Vidal.

Règle #3 : Connaître les personnes qui fabriquent nos produits.

Le critère social repose sur les personnes. Comment aider le maximum de personnes ? Comment s’assurer que les personnes qui travaillent sur nos produits soient confortables financièrement, se font plaisir, apprennent continuellement et s’organisent comme elles l’entendent ? L’ensemble de nos partenaires sont basés en France, en Italie, en Espagne ou au Portugal. Il est facile pour nous de leur rendre visite afin de comprendre exactement qui fait quoi, pourquoi et dans quelles conditions. Nous estimons que c’est la moindre des choses. Si vous souhaitez plus de transparence de la part des marques : demandez-leur et exigez qu’elles soient transparentes.

Quoi de mieux que de savoir qui a réalisé notre produit ?

Avec certains partenaires nous pouvons pousser la démarche sociale bien plus loin. Ithac - un atelier de confection partenaire - a par exemple décidé de s’adapter aux travailleurs handicapés afin de leur donner accès à tout un éventail de métiers. Ainsi chez Ithac, 84% de leurs employés sont des travailleurs handicapés et sont recrutés sans aucune discrimination sur la nature de leur handicap. Lorsque nous ouvrons une chaîne de production pour plusieurs centaines ou milliers de pièces chez Ithac, nous savons que nos produits ont un caractère social fort et concret.

Hopaal who made my clothesLaurent et Clément à Moreuil ~ Laurent tricote l'ensemble des tissus qui sont découpés et assemblés par Ithac pour les transformer en t-shirts et sweats.

Règle #4 : être conscient des impacts environnementaux de nos achats.

Un critère environnemental exigeant repose sur un approvisionnement précis et une traçabilité fiable afin de ne pas détraquer la planète à court et long terme. Pour que tout soit transparent de ce côté-là, le mieux est de connaître tous les acteurs. Pour des tomates : où sont-elles cultivées ? Pour des meubles : d’où provient le bois ? Pour du fromage : où sont les pâturages des brebis ? Savoir exactement qui, où et comment a été fait ce que nous consommons permet d’avoir très vite une idée du critère environnemental d’un produit. Des tomates bio ramassées en Juin dans un champ à proximité ont sûrement un critère environnemental bien plus exigeant que des tomates ramassées en janvier provenant d’un pays lointain. Évidemment, le transport est pris en compte dans l’équation.

Détruire notre environnement n’a jamais porté ses fruits.

Côté vêtements nous nous assurons ainsi de connaître les collecteurs qui identifient les gisements, les ateliers qui nous fournissent les chutes, les filatures qui nous font les fils jusqu’à la personne qui réalise nos vêtements. Même en interne nous nous posons des questions sur le transport, le packaging et tous les petits détails qui ont un impact, même ceux que vous ne voyez pas comme le café que nous buvons au quotidien ou l’abandon des polybags.

Quand un atelier envoie sa marchandise à une marque, chaque t-shirt est emballé dans un sac plastique appelé polybag. 1000 t-shirts = 1000 sacs plastique. C’est une aberration que nous refusons d’encourager.

Nous pensons souvent à tort que la transparence coûte cher ; que le critère d’usage, le critère social et le critère environnemental coûtent cher : c’est pourtant l’inverse. À long terme, faire l’effort de la transparence est un avantage et toutes ces démarches sont rentables. Pourquoi ? Car si nous connaissons nos partenaires : nous pouvons mutualiser nos savoirs, nos contacts et nos moyens. Car si nous consommons moins : nous faisons des économies. Si nous gaspillons moins : nous faisons des économies.

La transparence n’est pas un effort ou une plus-value, c’est du bon sens.

Si le critère d’usage, le critère social et le critère environnement sont respectés alors nous n’aurons pas de mauvaises surprises dans le futur.

Écrire un commentaire

Tous les commentaires sont modérés avant d'être publiés